Les bains publics offrent tous une « parilka », une petite pièce chauffée à 110 degrés, un bassin d’eau froide et une salle de repos. Riches ou pauvres, les Russes s’y rendent généralement une fois par semaine pour le grand nettoyage. Mais attention, les bains sont divisés en classes, comme les trains et celui qui met le prix peut avoir une sauna à lui tous seul. Généralement, les bains publics sont ceux qui attirent le plus de monde. C’est un endroit social, on y va entre bons amis et même si on se connaît mal, après quelques séances de « parilka » et de douche froide, une certaine intimité se crée entre les hommes qui se trouvent dans le plus simple appareil. C’est ce qui se passe chez les hommes. Je ne suis jamais allé chez les femmes.

Entré dans le saint des saints (parfois pas très propres) Il faut y suivre un rituel précis : se munir d’un bouquet de feuille de bouleau bien sec et le mettre à tremper dans une bassine d’eau chaude. La première séance de «parilka» est celle de l’adaptation. Coiffé d’un chapeau de feutre et enveloppé dans un drap de coton serré à la taille, on jette sur le feu une ou deux coupes d’eau pour créer la vapeur nécessaire. Ensuite, on serre les dents : la chaleur est à la limite du supportable : la vapeur se redépose en fine gouttelettes brûlantes sur votre peau. Si vous tenez 5-9 minutes, c’est bien. L’étape suivante demande elle aussi un certain courage puisqu’il faut se jeter dans le grand bassin d’eau glacée. Coup de fouet garanti. Mais quel sensation de bien être vous saisi dès la première fois. Dès la deuxième visite, s’ajoute la cérémonie du bouquet de bouleau. Ramolli par l’eau chaude, il devient l’outils d’un plaisir masochiste : il faut vous battre énergiquement le dos, le ventre et les jambes avec cet instrument bouillant. Cela à la vertu d’ouvrir les pores et de garantir un nettoyage approfondi et de dégager une douce odeur. Souvent, c’est un ami qui vous fouette le dos. Le travail est bien fait seulement si votre peau prend la couleur d’une écrevisse… Pour se reposer de cette demi torture, on se réuni autour d’une bière dans une salle spécialement aménagée : télévision ou radio y sont souvent allumés. Là, on discute football ou politique, parfois de difficultés de l’existence ou des filles. Mais le plus souvent, on y fait la fête et les nouveaux russes se sont fait une réputation pour y inviter des demoiselles de petite vertu. Après 2 à 4 séances, calme et sérénité vous envahissent. C’est un excellent moyen de lutter contre le stress de la vie quotidienne. C’est peut-être pour cette raison que la bania connaît un tel succès en Russie…