Larissa, l’attachée scientifique du musée ethnographique d’Oust Ourdinsky, est une femme bouriate d’une trentaine d’année. Ronde comme son visage illuminé d’un sourire, elle nous ouvre la porte de service en s’excusant : «Nous venons d’installer une nouvelle porte principale au musée. Elle est très belle mais se bloque avec le gel… il faut donc utiliser l’autre entrée ». Le long couloir est parsemé, tous les cinq mètres, de radiateurs à huile plutôt neuf. «C’est le seul moyen que nous avons pour conserver une température vivable à l’intérieur», poursuit Larissa, toujours sur le ton de l’excuse. L’ironie veut que la station centrale de chauffage se trouve à moins de 50 mètres du musée, mais elle ne fonctionne plus.

Les expositions ont un peu vieilli, mais pas l’enthousiasme de Larissa qui n’a pas hésité à perdre son dimanche pour montrer ses expositions à un visiteur étranger. Finalement, on retrouve beaucoup des principes qui régissent la vie des nomades de Mongolie. La femme de Gengis Khan n’était-elle pas bouriate comme le disent certains historiens ? L’hospitalité de Larissa va même jusqu’à nous inviter à manger les spécialités de cette région… sur une table dressée au milieu des expositions du musée, dans la salle consacrée aux héros locaux récompensés par les médailles du travail, du sport et de la guerre. Au cœur de la Bouriatie, après la danse du shaman, je mange en compagnie des grands combattants de la cause socialiste. «Il ne faut pas rejeter notre passé, c’est aussi leur place, assure Larissa. Soupe maison, raviolis bouriate et incontournable vodka.