Il faut attendre que l’avion, en provenance de Ijouno-Sakhalinsk, ayant transité par Khabarovsk, atterrisse. On prend mes bagages et une carte d’embarquement sans place «vous vous assaillerez là où les places seront libres», me répond sèchement une dame à la lippe rose nacre.

A la porte d’embarquement, les passagers en transit sortent de l’avion. Certains volent depuis plus de 8h et ont visiblement tiré un maximum de bénéfice des boissons alcoolisées vendues aux escales. Même un pilote, franchement ivre, tente d’entrer en communication avec moi. Il me rassure à moitié en affirmant qu’il ne vol pas sur Ekaterinbourg. En uniforme, je n’ai pas réussi à savoir s’il allait prendre les commandes ou s’il rentrait simplement chez lui. Brrrr…

Au moment de monter dans l’avion, 4 personnes, dont une mère et sa petite fille, n’ont pas de carte d’embarquement. D’un œil, je vois que leurs billets n’ont pas été tamponnés au contrôle de sécurité. Un coup de fil suffit à la contrôleuse pour les laisser passer. Comment est-ce possible ? Ce genre de miracle fait froid dans le dos. Soudba – le destin- décidera et c’est avec un certain fatalisme que je monte à bord de ce vol multi destinations puisqu’après nous avoir déposé à Ekaterinbourg pour une escale, il terminera son vol vers Kransnodar, au sud de la Russie.