La vie est comme une voie de chemin de fer. L'important, ce sont les aiguillages
Par Vincent, mercredi 16 novembre 2005 à 15:14 :: A propos de l'auteur :: #1 :: rss
Il est de certaines expériences qui modifient à jamais votre vision du monde. La Russie, plus peut-être que tout autre pays, intrigue, surprend, révolte et passionne. Fruit du hasard, ma passion pour la Russie m'a convaincu d'avoir un pied dans chaque pays: ma tête ici, mon coeur là-bas. Un parcours guidé par le hasard et souvent favorisé par la chance.
Mon train était bien parti: après des études universtaires courronnées de succès en sciences politiques et un Master en histoire et politique internationales dans le prestigieux Institut des Hautes études internationales à Genève, c'est au journalisme que je souhaitais consacrer ma vie. Toutes mes études ont été financées par l'écriture d'articles aux journaux écrits et par des carnets de voyages pour la radio. Pourtant, débauché par un grand palace à la fin de mon parcours académique, je me suis retrouvé propulsé junior cadre dans un environnement fait de calme, luxe et volupté. Mais justement, la volupté n'était pas au rendez-vous... alors au lieu de m'engager sur un voie de garage, j'ai fait marche arrière jusqu'au plus proche aiguillage. Il me fallait une voie de traverse, longue et passionnante qui me permette d'avancer, d'avancer, d'avancer, d'avancer dans ce que je voulais faire de mon existance. Le rythme sec et régulier des roues métalliques sur les rails, semblable à la pulsation d'un coeur qui bat, m'attirait. Les yeux fermés, je me suis laissé emmener en Russie.
Et là, c'est le déclic. Je me suis senti comme chez moi, avec une envie de découvrir et de comprendre. Un puit de connaissance sans fond, un langue et une culture très riche, une histoire trourmentée, un pays immense et des paysages démesurés. Enfin après des efforts et plusieurs mois d'études à l'Université d'Etat de St Pétersbourg, je pouvais tranquillement lire Tolstoï, Pouchkine et Boulgakov dans le texte original. C'est donc à bord du transsibérien, entre Moscou et Vladivostok, que je me suis laissé emporter dans cet autre monde. Oural, Sibérie, Extrême Nord, Saint Pétersbourg, Vladivotsok, le Lac Baïkal... ces mots qui me faisaient rêver enfant dans les romands de Jules Verne, je les vivais désormais complètement. Pour le meilleur et pour le pire.
Aujourd'hui, mon petit wagon d'existence suit son bonhomme de chemin, bien posé sur deux rails, à cheval entre deux mondes et deux cultures. Historien, journaliste et guide accompagnateur en Russie, je pose jour après jour au travers de mes voyages dans le plus grand pays du monde, les traverses qui construisent lentement la voie de ma Russie.
"Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous dйfait". J'ai fait mienne cette phrase de Nicolas Bouvier, grand découveur de l'usage du monde. Rien plus que le voyage ne vous oblige à vous remettre en question. Plus j'avance, moins je crois savoir et comprendre. Plus j'avance, plus j'ai envie de découvrir, d'approfondir et de rencontrer ces hommes et ces femmes qui font la réalité de la vie.
Quittez les rails, prenez les chemins de traverses pour découvrir l'essentiel ...
Vincent

Commentaires
1. Le lundi 30 janvier 2006 à 13:47, par Annie S
2. Le mardi 16 janvier 2007 à 14:28, par Emilie
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