La douloureuse mésaventure d'une journaliste parisienne et de son équipe ne me contredira pas. C'est connu, les administrations détestent le flou artistique. Ceux qui croient pourvoir y échapper en brandissant un nom, une menace ou même une supplication en sont pour leurs frais. Arrivés un vendredi en milieu de soirée à l'aéroport de Sheremetyvo avec 300kg de matériel, le voyage s'annonçait bien. Pourtant, au moment de passer la douane, l'agent de service ce rend compte que les documents ne sont pas valables, parce qu'une erreur de date a été faite à Paris

Envoyés auprès d'une blonde douanière serrée dans son uniforme kaki, la couleur est annoncée d'emblée: "Je termine mon service dans 5 minutes, je n'ai pas le temps de regarder vos problèmes". Eh oui, trop contente de pouvoir montrer que la France n'avait pas fait son travail correctement, la charmante dame de fer se révèlera d'acier. A Paris comme à Moscou, le vendredi soir, toutes les administrations sont fermées. "Revenez lundi avec le document corrigé, on verra". Oui mais lundi, l'équipe doit être à Novossibirsk, à 3000 km de Moscou... "Oui, c'est dommage, mais nous ne sommes pas responsables de la situation". Marchandise mise sous scellé jusqu'à lundi. L'agent qui place les plombs est lui aussi pressé, il est déjà 21h30 et il veut rentrer à la maison. Seulement la moitié des valises sont effectivement plombées. Panique, défaitisme et révolte de la journaliste n'y feront rien. Il faudra attendre au moins 48h. "Mais on ne peut rien faire?" demande la journaliste? Non. Il faut avoir de la patience et lundi on verra. Plus nous serons patients, mieux cela ira pour la suite. La précipitation n'est pas le bon message à transmettre. Programme chamboulé, lourds frais supplémentaires (billets d'avion a racheter), humeur maussade et révolte contre la Russie qui ne veut pas couvrir une erreur de la France. Voir le message "patience" dans la rubrique Dico amoureux de la Russie.