Je ressors de ce livre avec une impression très troublante. Cette vie exceptionnelle qui a fait passer une jeune femme des camps staliniens aux camps hitlériens apporte une nouvelle dimension aux nombreux parrallèles qu'il est possible de tirer entre les deux systèmes. Sa place de double témoin-victime des deux systèmes totalitaires du XXe siècle donne un éclairage de premier ordre sur le fonctionnement des deux sociétés à cette époque. Pourtant, ce n'est pas forcément là où on attendait la comparaison que cette dernière à lieu. Pardoxal paradoxe, l'humanité russe semble plus profonde malgré l'horreur quotidienne de la Sibérie. Ce qui m'a le plus marqué dans ce livre, c'est l'impossiblité que rencontre Margrete Buber-Neumann a pouvoir raconter son expérience sibérienne. Dans les camps allemands, de nombreux communistes se retrouvent et tous ceux qui n'ont pas vécu l'expérience sibérienne refusent violemment de croire le récit de l'auteur et de son vécu. Le texte est simple, clair, sans idéologie. Tout est dans la subtilité et finalement, on revient de ce voyage au goulag encore un peu plus désorienté qu'avant. De quoi ajouter quelques bons arguments sur les ressemblances et les divergences du communisme et du nazisme.