Déportée en Sibérie : Prisonnière de Staline et de Hitler de Margarete Buber-Neumann
Par Vincent, mardi 3 octobre 2006 à 15:20 :: Lire :: #54 :: rss
En 1926, à vingt-cinq ans, Margarete Buber-Neumann, qui était née à Postdam, entre au parti communiste allemand. Mais, en 1937, Heinz est arrêté et disparaît. Plus tard, Margarete, jugée à son tour « déviationniste », est arrêtée et condamnée à cinq ans de travail forcé dans un « camp d’amélioration », à Karaganda, dans les steppes du Kazakhstan sibérien. Un « geste d’amitié » de Staline à Hitler, en 1940, lui vaut d’être livrée à la Gestapo, avec d’autres prisonniers allemand et autrichiens, à Brest-Litowsk. Margarete sera internée au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück, d’août 1940 jusqu’en avril 1945. La précision du témoignage sur Ravensbrück a fait de son livre un document capital sur la déportation.
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Je ressors de ce livre avec une impression très troublante. Cette vie exceptionnelle qui a fait passer une jeune femme des camps staliniens aux camps hitlériens apporte une nouvelle dimension aux nombreux parrallèles qu'il est possible de tirer entre les deux systèmes. Sa place de double témoin-victime des deux systèmes totalitaires du XXe siècle donne un éclairage de premier ordre sur le fonctionnement des deux sociétés à cette époque. Pourtant, ce n'est pas forcément là où on attendait la comparaison que cette dernière à lieu. Pardoxal paradoxe, l'humanité russe semble plus profonde malgré l'horreur quotidienne de la Sibérie.
Ce qui m'a le plus marqué dans ce livre, c'est l'impossiblité que rencontre Margrete Buber-Neumann a pouvoir raconter son expérience sibérienne. Dans les camps allemands, de nombreux communistes se retrouvent et tous ceux qui n'ont pas vécu l'expérience sibérienne refusent violemment de croire le récit de l'auteur et de son vécu.
Le texte est simple, clair, sans idéologie. Tout est dans la subtilité et finalement, on revient de ce voyage au goulag encore un peu plus désorienté qu'avant. De quoi ajouter quelques bons arguments sur les ressemblances et les divergences du communisme et du nazisme.

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